Mercredi soir, Donald Trump a annoncé les droits de douanes "réciproques" que les États-Unis allaient appliquer aux produits en provenance de nombreux pays dans le monde, dont la Suisse. Le taux imposé à la Suisse est de 31%.

MARCHÉS 3 avril 2025

Conséquences du Big Bang tarifaire

Les tarifs douaniers annoncés par Donald Trump sont plus punitifs qu’anticipé. Hormis une taxe de 10% sur toutes les importations à compter du 5 avril, certains pays subissent un tarif personnalisé lié à l’ampleur de leur excédent commercial vis-à-vis des États-Unis. La réaction des marchés confirme que la politique commerciale des États-Unis ne sera pas indolore, en particulier pour l’économie domestique. Leur évolution ces prochains mois fluctuera au gré des négociations bilatérales entre les États-Unis et leurs partenaires commerciaux.e la politique commerciale des États-Unis ne sera pas indolore, en particulier pour l’économie domestique. Leur évolution ces prochains mois fluctuera au gré des négociations bilatérales entre les États-Unis et leurs partenaires commerciaux.

Selon Donald Trump, le 2 avril 2025 marquera la libération de l’Amérique. Grâce aux tarifs, les États-Unis cesseront d’être «pillés» par les autres pays et retrouveront leur indépendance économique.

Alors que le Canada et le Mexique, déjà ciblés précédemment, sont épargnés par les récentes annonces, les pays asiatiques, notamment la Chine, sont durement touchés. L’Union européenne avec un taux de 20% s’en sort mieux que la Suisse, même si cette dernière voit ses exportations pharmaceutiques, pour l’instant, exemptées du tarif de 31% (voir graphique ci-dessous).

Libération ou risque pour la croissance américaine?

Si Donald Trump cherche à inciter les autres pays à supprimer leurs propres droits de douane et à acheter américain, il espère aussi utiliser les revenus des tarifs (estimés désormais à USD 700 milliards par an) pour financer des allégements fiscaux.

Néanmoins, la mise en œuvre de cette politique ne sera pas indolore pour les ménages américains, puisque 10% de la consommation provient des importations. Les premières estimations indiquent que ces tarifs pourraient faire grimper l’inflation américaine à 4% d’ici la fin de l’année. À ce stade, le risque d’une récession aux États-Unis est clairement monté d’un cran. La baisse du rendement du Trésor à 10 ans de 4,20% à 4% reflète déjà un ralentissement des attentes de croissance aux États-Unis.

Impact sur les marchés financiers

Sur les marchés des actions, le marché japonais a clôturé en baisse de 3% jeudi et les bourses européennes suivaient la même tendance, avec des réactions contrastées selon l’exposition des différents titres au commerce extérieur. Sur le marché des changes, le dollar s’affaiblissait ce jeudi, lâchant notamment 2,5% face aux principales devises. Cette baisse du dollar montre bien que l’économie américaine sera l’une des plus touchées.

L’évolution des marchés ces prochains mois dépendra de l’issue des négociations bilatérales qui vont débuter entre les États-Unis et leurs partenaires commerciaux (voir graphique ci-dessus).

Dans le meilleur des cas, ces discussions conduiront à une baisse des droits de douane et des mesures de relance fiscale (dans les pays ciblés par les tarifs). Le pire des scénarios serait celui d’une escalade tarifaire couplée à une forte dévaluation de la devise chinoise qui pénaliserait doublement la compétitivité des autres pays exportateurs.