L’abolition de la valeur locative est sur toutes les lèvres.
La Suisse va-t-elle tourner une page de son histoire fiscale ? L’abolition de la valeur locative est sur toutes les lèvres. Après des années de débats, les deux chambres se sont finalement prononcées favorablement pour un projet de loi qui sera soumis au référendum obligatoire.
Pourquoi un tel changement? Actuellement les propriétaires occupant leur propre logement ou leur résidence secondaire sont taxés sur une valeur théorique de loyer qu’ils ne perçoivent pas, tout en bénéficiant de déductions pour les intérêts hypothécaires et les frais d’entretien.
La suppression de cette valeur locative serait accompagnée de l’abandon de la déductibilité des frais d’entretien et les intérêts hypothécaires ne pourraient être déduits que sous conditions. À noter que les cantons garderaient la possibilité d’accepter en déduction les frais destinés aux économies d’énergie.
Le projet introduirait également un nouvel impôt foncier en cas de possession d’une résidence secondaire et la possibilité, pour l’achat de sa première résidence principale, de déduire les intérêts hypothécaires de manière dégressive pendant 10 ans.
Supprimer ce système constituerait un changement profond par rapport au système actuel: schématiquement, les propriétaires sans dettes y gagneraient, tandis que ceux avec une hypothèque élevée ou des rénovations à financer pourraient y perdre.
L’abandon de la déductibilité des frais d’entretien fait également craindre une dégradation des habitations ou un désintérêt pour des rénovations visant à réduire l’empreinte carbone des bâtiments, ce qui irait à l’encontre de la politique actuelle. En amont de son introduction, un boom des travaux de rénovation est très vraisemblable.
Prenez donc déjà le temps de réfléchir à la planification de vos travaux.
Publié dans le 24 heures du mercredi 19 mars 2025